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Nom du blog :
leroiloup
Description du blog :
Foutraque
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
20.05.2007
Dernière mise à jour :
19.09.2007

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JE

Publié le 25/05/2007 à 12:00 par leroiloup
JE
[i] Je voudrais que les gens morts ne le soient plus, que ceux qui m'ont aimé m'aiment encore et que ceux qui ne m'aiment pas se mettent à la faire. Je voudrais avoir su dire " je " plus tôt, et ne pas vous avoir servi la soupe que je croyais que vous attendiez. J'ai cru devenir ce que vous vouliez, et je n'ai fait que me perdre : tantôt le Champagne, tantôt la bière, parfois la joie, parfois la peine, le naïf, le connard, le gentil, le méchant, la drogue, le dégoût. Suis-je un fantôme caméléonisé ?
Je ne voulais pas que vous me connaissiez, peut-être parce que je ne voulais pas me connaître moi-même. Je souhaitais que l'on m'aime et peu importait le prix à payer, le sacrifice à faire. Et, de mon côté je vous aimais, vaille que vaille. Je voulais être partout et me suis éparpillé, je voulais vous absorber, devenir vous. Je voulais être le second, vous suivre et, souvent vous partiez si loin que je finissais par ne plus vous voir. Car malgré toutes mes volontés, vous avez fini par me fuir comme je me fuis moi même. Et je suis très sincèrement peiné voire triste, d'avoir voulu plaire sans y parvenir pas même à moi même.
Mais, je n'ai pas le courage de vous infliger mes yeux pleins de larmes, mon visage figé et mon coeur que je voudrais de pierre, alors vous verrez encore mes yeux bleus plein d'espoir, un large sourire ( de con ) envahissant mon visage, et m'entendrez rire aux eclats pendant longtemps...
J'ai besoin de vous ( malheureusement )....
[/i]



--

Gracieuse

Publié le 24/05/2007 à 12:00 par Le roi Loup
Gracieuse
Aujourd'hui le ciel est bleu et les femmes belles. Ils remplissent la ville, son métro et ses avenues. On voit beaucoup de jupes et de jambes qui se dorent au soleil, et les yeux ne savent plus où donner de la tête entre les arbres verts, les chairs et la beauté environnante. Et même le laid devient merveilleux. Les gens sourient et le joie palpable envahit les humeurs... Ca sent le champagne et l'ivresse, on se croirait au Paradis. Les terrasses des cafés pleines de lunettes noires et de verres qui claquent, sentent bon la nature et le parfum leger de l'été. Les serveurs valsent entre les tables, l'argent pleut et les sourires exploisent les visages : une sorte de beau jour qui tombe comme ça, on ne sait pourquoi ! Vie mystérieuse et changeante qui passe des larmes aux rires, de la peine à la joie, tu nous réserve bien des surprises, et si nous voulons te vivre c'est sans doute parce que nous ne te comprenons pas. Que c'est bon de découvrir ce qu'on ne pige pas et apprendre à le connaitre, l'inconnu est si fascinant et aimable ! ! !
La journée commence par un regard appuyé et chaleureux et, d'un coup un bonheur s'installe jusqu'au soir et parfois au-delà, un peu comme une musique qui ne voudrait plus sortir de l'esprit, une joie qui collerait au corps... ça ne s'explique pas. C'est d'ailleurs très difficile de donner une raison objective à ses humeurs, de toute façon nous sommes des sujets et donc, tout ce que nous disons ne peut qu'être subjectif. Ce que ça change ? pas grand chose sans doute, et nous ne pouvons pas le savoir, alors...
Même les statues participent à la fête, elles gigotent sur leur piédestal, lévent les bras et les jambes et offrent des joues pleines de grâce. On s'allonge dans l'herbe tendre et verte pour regarder le ciel, et l'on bulle pour mieux pénétrer l'atmosphère généreuse et gracieuse. Le temps s'immoblise, se cristalise dans une sorte de merveilleux et d'idéal. Les étoiles sont de l'autre côté du monde, elles brillent pour ceux qui dorment, festoient, ou pleurent de chagrin, peut-être qu'elles les rassurent, peut-être qu'elles les effraient, mais ici, nous n'avons que le soleil tout grand, tout gros.
Les pianos jouent de jolies notes de musique. Les oiseaux sifflotent comme pour dire que eux aussi sont tranquilloux, penardos, sur les balcons, branches et fenêtres. On entendrait presque la mer si nous avions l'ouie assez fine et si elle était proche.
Les fruits seront bientôt à table...
Son associé :

Trazom

Publié le 23/05/2007 à 12:00 par Le roi Loup
Trazom
Dentelle fine, bas de soie, odeur délicate de vie, impression de merveilleux, musique qui trotte dans la tête je t'aime et t'embrasse. Du petit Wolfy au génialissime, à l'incomparable, à l'inqualifiable maetro Wolfgang Gotlieb Amadeus Mozart que faire sinon rester muet et écouter, réécouter, bouffer, savourer, se baigner dans vos notes, dans vos mots, dans vos lettres ? On vous prête cette phrase : " je cherche des notes qui s'aiment " , et vous avez fait naître sans doute plus d'amour entre les notes, qu'en Dieu n'en eut pour pour les hommes ou fit exister entre eux. Mozart, musique vivante ou incarnation de la musique, dieu de l'harmonie, dieu de la mélodie rend simple et évident ce qui ne l'est pas. Il semble impossible de vous égaler et, pourtant lorsqu'on vous écoute tout parait si clair, il se dégage un sentiment étranged'évidence imprévisible. On vous écoute en se disant : " bien-sûr " .
Aussi bien enfant prodige ( prodigieux plutôt ) que rock star de la période classique et pourquoi pas icône à la passion dévorante, à l'amour des femmes, de la chair, à l'amour tout court, au goût de la fête et du bon vin et du billard, quel rôle vous va le mieux ? Tous ! Car Mozart sait tout faire. Mozart c'est Dieu en mieux. Selon certains, c'est aussi l'auteur du silence qui suit sa musique. Mozart est partout sauf dans sa tombe construite bien après sa mort et pleine de reste de pauvres Viennois. Levons d'ailleurs un malentendu d'ailleurs sur son enterrement : s'il n'y avait personne ce n'est pas qu'il est mort sans ami, c'est bêtement que la peste qui sévissait à Vienne contraignait ses habitants par ordre impérial, à ne pas sortir de chez eux. Alors oui, il n'eut qu'un chien pour dernière compagnie, " un chien croque-mort du hasard " comme chantait Léo Ferré. Et ce n'est pas non plus le surmenage qui l'a emporté mais une côte de porc avariée.
Je vous laisse là où il nous a laissés : " Vocame...
Son associé :

" Choupoul "

Publié le 22/05/2007 à 12:00 par Le roi Loup
" Choupoul "
Souvent les personnes se souviennent et se disent : " c'était mieux avant " . D'où vient cette envie de comparaison ? L'inconnu fait-il si peur qu'on finit par se dire que l'acquis, ce qui a été vécu, devenu figé, fini est forcément meilleur que la suite ? Sommes-nous un espace, un instant de rupture entre notre passé et ce que nous allons vivre ? D'où vient le désir de s'accrocher à hier, cette idée que nous voulons récupérer un ancien bonheur ? Souvent nous nous positionnons ainsi, lors des moments de peine et nous terminons par habiller de tristesse, certains parlent de nostalgie, des heures merveilleuses, heureuses, pleines de joie qui appartiennent à une vie antérieure.
Je n'aime pas cette attitude, elle ne me semble pas enrichissante et pire encore, je la crois destructrice. Ce qui est mort est mort, terminé, arrété. Le souvenir me parait salvateur dans la seule mesure où on ne le rattache qu'à la date où les événements se déroulèrent et non pas, à un présent actuel dans un but comparatif. Chaque instant peut se savourer et, l'idée d'un passé merveilleux me plait et plus encore celle d'un futur encore meilleur. Et même si tout le temps est lié par un déroulement inévitable, inexorable, il me semle absurde d'interchanger les éléments, chacun a la place qui lui a été accordée. Un jugement de valeur apparait hors de propos : " le fil de coton précède le tissu mais l'un vaut-il mieux que l'autre ? Le fils suit les parents et là encore qui est le meilleur ? " Demeure l'espoir que l'évolution ou le changement aillent vers un mieux.
Et puis regarder en arrière, à quoi cela rime-t-il ? Ca ne repassera jamais devant. Nous passons notre existence à nous vider et nous remplir, aussi bien physiquement que psychiquement. Alors, il faut se demander si l'on préfère regarder ses selles ou le plat délicieux du prochain repas. J'ai une petite de ma réponse. Ceux qui souffrent ou regrettent leur passé ont certainement eu des problèmes de digestion. Je suggère l'usage de bicarbonate, de petits vomis en forme de gerbes ou de cris, ou encore quelques larmes, enfin un de ces machins qui s'expulse ( non je ne serai pas scabreux ).
Parfois, le passé ramène sa fraise, sans que nous l'ayions invité, certes... Eh bien, je préfère l'affronter, le voir en face et lui répondre : " je sais, et alors ? Je te connais, je t'ai accordé du temps mais maintenant c'est fini pour toi, j'ai d'autres copains à voir et plus de place pour toi sinon ce sera eux qui en pâtiront, je nous en voudrais ! Sur ce, bonsoir " . L'oubli me gène aussi, mais comme chantait Piaf : " Non rien de rien, non je ne regrette rien " de là à rester dans une illusion déchue, faut peut-être pas déconner... J'ai d'autres jours à fréquenter.
Son associé :

Varèse

Publié le 21/05/2007 à 12:00 par Le roi Loup
Varèse
Ce matin pas d'école, nous sommes allés à l'hôtel, un petit hôtel cosi au coeur de Paris, à deux pas de Notre-Dame. La pierre de qualité n'est plus toute jeune puisque l'établissement est ouvert depuis plusieurs siècles déjà. La fréquentation est en permanence au maximum, et la menace de chômage pour le personnel reste une hypothèse sans grande envergure. Si vous cherchez un endroit où dormir pour visiter la capitale, venez vite à l'Hôtel-Dieu. Ne soyez pas troublés par le tenue vestimentaire des employés, je vous préviens tout de suite : trop blanche, impersonnelle et parfois triste, cela dit celle des clients n'est guère mieux. J'en toucherai deux mots au directeur s'il daigne un jour me recevoir à ce sujet. Au programme des réjouissances, la maison propose des médecins, des infirmières, des malades et même pour les plus chanceux des mourants... sont de rigueur la souffrance et la douleur, et pourquoi pas quelques larmes au détour d'un couloir.
Alors nous sommes partis, il était à peu près midi, pour visiter l'un de nos professeurs de Paris 8, dont je tairai le nom car je ne suis pas sûr qu'il tienne à ce que son identité soit révèlée et je ne me permettrai pas cette liberté. Bien-sûr la famille était là aussi, les yeux imbibés de larmes, les visages serrés habités de tristesse, de fatigue et de peine, mais dignes et calmes. Au bout d'une petite heure au goût de cafés et de verres d'eau, nous nous sommes résolus à entrer dans la pièce. Nous y attendaient un visage jauni, et des yeux où demeurait encore un peu de vie, mais une vie affaiblie, amoindrie avec malgré tout un peu d'espoir, mais trop peu d'espoir. La voix n'était plus là, seul persistait un râle de souffrance. Le crâne était caché par un machin bizarre en coton. Nous nous sommes approchés, je crois qu'elle nous a vus et même reconnus, alors nous avons pris ses mains dans les notres, et elle nous répondait par petites pressions. A un moment, je crois qu'elle a tenté de nous parler, sans doute pour nous dire qu'elle aurait préfèré nous voir en cours plutôt que la-bas. Elle tenait absolument à assurer jusqu'au bout, et nous devrons nous contenter du savoir qu'elle a pu nous transmettre jusque maintenant, ce qui est déjà bien. Elle a su rester digne alors que son cancer la rongeait depuis preque dix ans, et pas un seul instant je n'avais imaginé que ses cheveux n'étaient qu'une perruque et son corps une douleur chimiothérapisée. Maintenant je pense à mon professeur de français de première, fauché par un cancer pendant les vacances d'été soit après la fin des cours, lui aussi tenait à préparer ses élèves, jusqu'au bout, jusqu'à la fin, jusqu'à la mort, vaille que vaille. Et puis, il s'en est allé : " à la trappe " . Et encore une fois, nous allons devoir rester avec notre tristesse, et elle ne plus être. J'espère quand même que nous pourrons encore la visiter quelques fois, pour qu'elle prenne conscience que nous reconnaissons sa générosité et sa gentillesse dans un moment où l'on a plutôt tendance à penser à sa gueule plutôt qu'à celle de ceux qui s'offrent le luxe de faire des études. A l'heure qu'il est je suis triste, mais la vie continue vaille que vaille, et puis bien-sûr mon chagrin n'est pas comparable à celui éprouvé par la famille, mais qu'importe je ne suis pas friand de ce genre de compétitions. Je transmets cependant tout le courage nécessaire à ses parents et proches...
Son associé :

Les étagères

Publié le 20/05/2007 à 12:00 par Le roi Loup
Les étagères
La poussière sur l'étagère donnait au décor un goût de l'ancien temps, un peu comme dans les films où, pour insister sur l'âge de la vieille dame, on montre sa maison. Quelques toiles d'araignée pendant du lustre répondaient à la crasse accumulée sur le piano fermé depuis trop longtemps déjà. Les fruits mûrs et rouges semblaient anachroniques au milieu de ce basard vide de vie, hanté de saleté tant et si bien que même des fantômes n'en voudraient pas. On aurait dit une nature vivante au milieu d'un tombeau. Bien sûr les rideaux voilés d'âge, de nicotine et de poussière laissaient passer une lumière grise qui ne gâtait en rien l'horreur de la pièce. Tout semblait un peu figé, même le rocking-chair qui grinçait balançant sous le poids d'une vieille femme aux cheveux embigoudés. Le quasi silence invitait à la méditation.
Tout de suite en arrivant là, je me suis dit que la dame savait. Je ne comprenais pas très bien cette impression, ni même ce que l'octogénaire pouvait bien savoir, silencieuse et sereine elle en savait forcément beaucoup, trop même, ce genre de savoir où la dernière issue est le silence car : " à quoi bon ". Elle ressemblait à ce genre de personne à côté de qui rien que de s'asseoir rend plus riche, plus profond, où sans un mot on grandit, on absorbe du savoir...
La première fois que j'ai décidé d'entrer dans cette maison que je pensais inhabitée sinon que de vieux fantômes, c'était plutôt par curiosité : visiter ce lieu dont tout le monde parlait sans vraiment le connaître, et puis avoue-on le j'aurais bien aimé trouver quelques raretés d'un temps reculé. Le coeur explosant ma poitrine, j'ouvris la porte et m'avançai vers la chambre où la vieille se balançait en regardant par la fenêtre. Sans même tourner la tête elle rapprocha la chaise près de son siège en l'orientant dans ma direction comme pour me faire signe de venir. Subjugué par cette attitude inexplicable, j'obéis. Immédiatement je compris qu'il ne fallait rien dire. Nous restâmes une à deux heures dans le silence, à un moment elle posa sa main sur son genou droit : je devais m'en aller.
Je suis reparti chez moi et n'ai jamais rien dit à personne . Deux trois jours passèrent avant que je ne revienne regarder la fenêtre, le silence, la poussière, de nouveaux fruits tout aussi mûrs et rouges que les précédents étaient toujours aussi présents que " ma " dame. Cette fois sans hésiter, je suis tout de suite venu vers elle. J'ai caressé ses cheveux tendrement et me suis assis, nous avons encore regardé , contemplé la même vue, et toujours sans parler, nous étions bien et heureux de sentir l'autre. Plus tard je suis revenu, puis mes visites se sont espacées, parfois elle n'était pas là, rentrait alors que je repartais. Elle n'attendait rien de moi ni moi d'elle. Ce qui semblait nous réunir était justement cette idée ou ce fait que nous n'attendions rien, elle, pour avoir trop attendu, moi, parce qu'elle m'avait fait comprendre que c'était vain. Alors nous nous offrions un silence partagé qui existait déjà sans nous. Nous étions ensemble et nous signifions : " ça ne changerait rien si je n'étais pas là et pourtant je suis là et rien n'est vraiment pareil. Je suis là parce que justement je pourrais être ailleurs " .Et jamais elle ne rendit compte de mes visites et jamais je ne révélai ce qui se passait derrière les volets de la maison qu'on disait hantée, cétait notre secret, notre bonheur par accident, qui avait fini par exister. J'aime cette femme et je crois qu'elle m'aime.
Un jour je suis revenu, les fruits étaient mûrs et rouges comme chaque fois, mais un manquait, la chaise et le rocking-chair avaient pris la place de l'autre, alors j'ai compris. Elle était partie, non elle n'était pas morte, ces gens ne meurent pas, elle était ailleurs, je ne sais où ! Et j'ai tout de suite pensé que je devais prendre sa place, elle me laissait le rocking-chair et toujours ma même vue. Les fruits ont toujours été changés, j'y veillais. Je suis dans la maison et je regarde. Un jour, un ou une curieuse égarée viendra, et comme moi il y a quelques années elle comprendra, elle sera là et pleinement là, seulement là...
Quand j'aurai assez regardé, à mon tour, j'inverserai les sièges, je mangerai pour la première et dernière fois l'un des fruits rouges et mûrs et je partirai ailleurs, je ne sais où. Peut-être que je retrouverai ma dame et peut-être pas. Et je serai bien.
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