promis on arrete de te jeter des cailloux!... (Voir la suite) Par Lee, le 15.08.2007
et les mecs qu'envoient des chaînes de mail à ses contacts, on en parle pas de ceux là !!!???... (Voir la suite) Par nina, le 01.07.2007
quand j'étais toute petite, je partageais la chambre d'un ch'tit blond aux yeux bleus.
il me taquinait, m'in... (Voir la suite) Par La tite soeur, le 03.06.2007
je t'aime comme un frere mec.
serieux... (Voir la suite) Par Sipan, le 01.06.2007
j'adore ton style d'écriture. tu me rappel quelqu'un qui lui aussi avait un don magnifique.
emotio ns car ... (Voir la suite) Par l\'anarchiste, le 26.05.2007
nous n'irons finalement pas la voir, ou seulement dans la boite en bois qu'on nous réserve pour la fin... exa... (Voir la suite) Par Loup, le 21.05.2007
La poussière sur l'étagère donnait au décor un goût de l'ancien temps, un peu comme dans les films où, pour insister sur l'âge de la vieille dame, on montre sa maison. Quelques toiles d'araignée pendant du lustre répondaient à la crasse accumulée sur le piano fermé depuis trop longtemps déjà. Les fruits mûrs et rouges semblaient anachroniques au milieu de ce basard vide de vie, hanté de saleté tant et si bien que même des fantômes n'en voudraient pas. On aurait dit une nature vivante au milieu d'un tombeau. Bien sûr les rideaux voilés d'âge, de nicotine et de poussière laissaient passer une lumière grise qui ne gâtait en rien l'horreur de la pièce. Tout semblait un peu figé, même le rocking-chair qui grinçait balançant sous le poids d'une vieille femme aux cheveux embigoudés. Le quasi silence invitait à la méditation.
Tout de suite en arrivant là, je me suis dit que la dame savait. Je ne comprenais pas très bien cette impression, ni même ce que l'octogénaire pouvait bien savoir, silencieuse et sereine elle en savait forcément beaucoup, trop même, ce genre de savoir où la dernière issue est le silence car : " à quoi bon ". Elle ressemblait à ce genre de personne à côté de qui rien que de s'asseoir rend plus riche, plus profond, où sans un mot on grandit, on absorbe du savoir...
La première fois que j'ai décidé d'entrer dans cette maison que je pensais inhabitée sinon que de vieux fantômes, c'était plutôt par curiosité : visiter ce lieu dont tout le monde parlait sans vraiment le connaître, et puis avoue-on le j'aurais bien aimé trouver quelques raretés d'un temps reculé. Le coeur explosant ma poitrine, j'ouvris la porte et m'avançai vers la chambre où la vieille se balançait en regardant par la fenêtre. Sans même tourner la tête elle rapprocha la chaise près de son siège en l'orientant dans ma direction comme pour me faire signe de venir. Subjugué par cette attitude inexplicable, j'obéis. Immédiatement je compris qu'il ne fallait rien dire. Nous restâmes une à deux heures dans le silence, à un moment elle posa sa main sur son genou droit : je devais m'en aller.
Je suis reparti chez moi et n'ai jamais rien dit à personne . Deux trois jours passèrent avant que je ne revienne regarder la fenêtre, le silence, la poussière, de nouveaux fruits tout aussi mûrs et rouges que les précédents étaient toujours aussi présents que " ma " dame. Cette fois sans hésiter, je suis tout de suite venu vers elle. J'ai caressé ses cheveux tendrement et me suis assis, nous avons encore regardé , contemplé la même vue, et toujours sans parler, nous étions bien et heureux de sentir l'autre. Plus tard je suis revenu, puis mes visites se sont espacées, parfois elle n'était pas là, rentrait alors que je repartais. Elle n'attendait rien de moi ni moi d'elle. Ce qui semblait nous réunir était justement cette idée ou ce fait que nous n'attendions rien, elle, pour avoir trop attendu, moi, parce qu'elle m'avait fait comprendre que c'était vain. Alors nous nous offrions un silence partagé qui existait déjà sans nous. Nous étions ensemble et nous signifions : " ça ne changerait rien si je n'étais pas là et pourtant je suis là et rien n'est vraiment pareil. Je suis là parce que justement je pourrais être ailleurs " .Et jamais elle ne rendit compte de mes visites et jamais je ne révélai ce qui se passait derrière les volets de la maison qu'on disait hantée, cétait notre secret, notre bonheur par accident, qui avait fini par exister. J'aime cette femme et je crois qu'elle m'aime.
Un jour je suis revenu, les fruits étaient mûrs et rouges comme chaque fois, mais un manquait, la chaise et le rocking-chair avaient pris la place de l'autre, alors j'ai compris. Elle était partie, non elle n'était pas morte, ces gens ne meurent pas, elle était ailleurs, je ne sais où ! Et j'ai tout de suite pensé que je devais prendre sa place, elle me laissait le rocking-chair et toujours ma même vue. Les fruits ont toujours été changés, j'y veillais. Je suis dans la maison et je regarde. Un jour, un ou une curieuse égarée viendra, et comme moi il y a quelques années elle comprendra, elle sera là et pleinement là, seulement là...
Quand j'aurai assez regardé, à mon tour, j'inverserai les sièges, je mangerai pour la première et dernière fois l'un des fruits rouges et mûrs et je partirai ailleurs, je ne sais où. Peut-être que je retrouverai ma dame et peut-être pas. Et je serai bien.